IMPACT DU CORONAVIRUS (COVID-19) SUR LE MARCHÉ IMMOBILIER NEUF

Avec la crise sanitaire que nous vivons actuellement, l’économie tourne au ralenti. Jeudi 12 mars et lundi 16 mars, le président de la République a annoncé la mise en application d’un certain nombre de mesures qui impactent directement la vie de tous les Français. Les conséquences liées à l'épidémie de Covid-19 sont nombreuses, et si bien sûr ce sont en premiers lieux les enjeux sanitaires qui attirent toute l’attention, les retombées de cette épidémie atteindront bien d’autres domaines.

D’après le ministre de l’Économie, il faut s’attendre à ce que le croissance baisse de près d’un demi-point suite à cette période de crise qui touche le monde entier. Le marché de l’immobilier neuf devrait donc se trouver directement affecté. S’il est possible que les répercussions ne soient moins importantes dans ce domaine que dans d’autres, celles-ci devraient tout de même avoir une ampleur assez grande.


RETOMBÉES SUR TOUT LE SECTEUR DE LA CONSTRUCTION IMMOBILIÈRE

Premier point notable, l’industrie immobilière utilise en très grande partie des matières premières locales. Faire appel à une main-d’œuvre française et des matériaux qui ne viennent pas de l’importation permet de limiter l’impact de la fermeture des frontières, et de potentiellement conserver une certaine activité. Toutefois, avec plus d’un demi-million de travailleurs dans le secteur, le confinement devrait directement atteindre les entreprises de construction de programme immobilier neuf et les promoteurs immobiliers.

Un ralentissement des activités des collectivités territoriales et des administrations, occupées à d’autres tâches, pourrait également directement impacter les métiers de la construction d’immobilier neuf. De nombreux corps de métier entrent en action lors de la construction, de la vente et de l’achat d’une maison neuve ou d’un appartement neuf. Beaucoup de ces domaines ne peuvent pas être traités par le biais du télétravail, car ils nécessitent une présence physique, ou l'accès à des données sensibles et confidentielles. Sans la présence d’études notariales, de géomètres, ou sans l’appui des banques, c’est toute l’activité du secteur de la réalisation de programmes immobiliers neufs qui peut être touchée.

Ainsi, avec le confinement qui entre en mesure, c’est toute l’activité des promoteurs immobiliers qui est fortement ralentie, et qui devrait même être stoppée. Les constructions pourront être suspendues, et des retards de livraison sont donc à attendre. Du côté de la demande, une baisse des commandes devrait également être constatée.


IMPACT SUR LA DEMANDE D'ACHAT IMMOBILIER

Une autre question qui se pose est celle de l’impact possible du coronavirus sur la demande sur le marché du logement neuf. Il est difficile d’estimer précisément les conséquences que pourrait avoir cette crise sanitaire sur l’envie de devenir propriétaire d’une maison neuve ou d’un appartement neuf dans les semaines à venir.

Pour désirer investir dans l’immobilier, ou contracter un prêt immobilier, être en confiance et serein est bien souvent un élément fondateur. Dans cette période particulièrement incertaine, il y a peut-être une leçon à tirer en observant de ce qu’il s’est passé à la suite des attentats terroristes qu’a connus la France récemment. À la suite de ces drames, aucune baisse de l’activité sur le secteur immobilier de Paris ou sur le secteur immobilier de Lyon n’avait été constatée.

Dans d’autres villes, les chiffres ont démontré que les gens avaient toujours autant de projets de faire un investissement immobilier à Marseille, ou d’acquérir un bien immobilier à Bordeaux par exemple.

Comment expliquer ce phénomène ? Il semble que les domaines du marché immobilier et de l’investissement locatif soient en quelque sorte un repère. Une sorte de bouée qui permet de se rassurer, le marché immobilier est vu par les futurs propriétaires comme un marché intouchable, qui permet de se projeter à long terme.

Toutefois, les mesures de très grandes ampleurs qui ont été prises pour combattre le coronavirus ne peuvent pas être directement comparables au climat causé par les attentats terroristes. Beaucoup de Français risquent d’être directement impactés financièrement par les dispositifs de lutte mis en place, ce qui devra forcément rejaillir sur tous les secteurs de la vie économique, l’industrie immobilière comprise.


DIFFICULTÉS À REMBOURSER LES PRÊTS IMMOBILIERS

Investir dans un programme immobilier neuf passe bien souvent par l’emprunt. La loi Pinel a permis de faciliter l’investissement locatif dans les grandes villes. Devenir propriétaire d’un bien immobilier à Paris ou investir dans l’immobilier à Marseille est devenu possible pour de nombreux particuliers.

Aujourd’hui devant la crise à laquelle nous sommes confrontés, les revenus de tous peuvent être menacés. De nombreuses personnes qui ont pu faire l’acquisition d’un logement neuf notamment grâce à la loi Pinel se posent la question de l’impact que peut avoir le coronavirus sur le prêt immobilier auquel ils ont souscrit. Une personne qui a effectué un investissement immobilier sur Bordeaux, ou qui a pu acheter un bien immobilier à Lyon par exemple, pourrait bien être en difficulté au moment de payer ses traites.

Les mesures mises en place par le gouvernement, comme la facilitation du chômage partiel sans plafonnement par exemple, devraient contribuer à aider certains salariés. Dans la majorité des cas, les contrats signés lors de la souscription de crédits permettent également de repousser le remboursement de certaines échéances. Il est donc important de bien relire les termes des contrats. Cela concerne non seulement la capacité de remboursement du prêt, en cas de pertes de revenus, mais aussi l’évolution des taux pour les nouveaux prêts immobiliers.


CONSÉQUENCES À PRÉVOIR SUR LES TAUX DES PRÊTS IMMOBILIERS

Devant le choc économique entraîné par la situation actuelle et les incertitudes qui en découlent, les marchés financiers sont en pleine perturbation. Les bourses s’effondrent et les taux des obligations assimilables du Trésor français sont en chute libre depuis mars. En conséquence, les conditions de refinancement des banques évoluent à la baisse. La banque centrale européenne a annoncé jeudi la mise en place d’un dispositif exceptionnel pour l’encouragement des prêts. Les établissements financiers devraient donc avoir les reins suffisamment solides pour continuer d’accorder des prêts immobiliers à des conditions similaires à celles qui étaient en vigueur avant cette crise sanitaire.

Avec toutes les mesures qui entrent en application, le délai nécessaire pour le traitement d’une demande de crédit immobilier devrait s’allonger. Il devient également plus compliqué de trouver un professionnel avec qui préparer un financement. Les personnes qui souhaitent souscrire prochainement à un crédit immobilier, ou qui sont actuellement en période de renégociation de prêt risquent bien de devoir se faire une raison, et d’avoir à patienter.